Ludovic Séverac

GUÉRIR LA GUERRE, GUÉRIR LA GUERRE EN NOUS

de Ingeborg LIPTAY

le 26 janvier 2018 à Toulouse :  une soirée autour de l’oeuvre d’Ingeborg Liptay
EN SAVOIR +

 

Reconnaissance et transmission sont les deux mots posés par les Âmes Fauves, choisissant de mettre en lumière, le travail d’Ingeborg Liptay.

Créée en 2004, « Guérir la guerre » résonne au son du groupe de rock STAIND, comme une évidence. Evidence en regard de là où, nous, danseurs, chorégraphes, pouvons être écho de notre société.
« Redonner à voir Guérir la guerre, guérir la guerre en nous, nous est apparu, dans notre parcours de chorégraphes, comme une nécessité. La pièce ne nous renvoie pas au choc de nos sociétés mais au dépouillement sublime de notre humanité. Alors qu’elle parle d’êtres arrachés, dans leurs instincts de survie, les corps, dans la vérité de l’instant, face à l’urgence, créent énergie et vitalité. Traquant les artifices, Ingeborg révèle chaque mouvement dans sa puissance et son dénuement. Et là où nous pouvions envisager la danse comme une arme, celle d’Ingeborg nous a désarmé… »

Une pièce , une histoire …
Guérir la guerre, Guérir la guerre en nous, est créée en 2004 par Ingeborg Liptay avec la participation des danseurs de sa compagnie : Barbara Gaulthier, Frédéric Brigon et Agnès de Lagausie. En 2015, Claire Cauquil et Olivier Nevejans, sensibles à l’oeuvre de cette grande chorégraphe (Claire a été interprète d’Ingeborg de 2009 à 2012) envisagent de remettre en lumière cette pièce de répertoire. Avec l’accord d’Ingeborg et sous son regard, ils travaillent avec l’aide et la présence d’Agnès de Lagausie, interprète depuis 1993 de la compagnie Ingeborg Liptay. Cette re-prise est le projet porté et défendu par la Compagnie Les Âmes Fauves pour l’année 2018.

 

Danseuse chorégraphe allemande formée auprès de Kurt Joos dans les années 1950, Ingeborg Liptay crée sa danse depuis plus de 40 ans, dans son studio Montpelliérain. Son travail fruit d’une vie de musique et de mouvement, a marqué l’histoire de la danse contemporaine en France. Dans Guérir la guerre, guérir la guerre en nous, trio qu’elle crée en 2004, Olivier Nevejans et Claire Cauquil trouve une résonnance d’une actualité criante, particulièrement proche de leur préoccupations artistiques.

 

Source inspiratrice de toute ses oeuvres, Ingeborg dit à propos de la musique de cette pièce et du travail en danse qui en découle :
« Aaron Lewis le compositeur-interprète du groupe a écrit des textes tirés de l’expérience personnelle de l’abîme de la drogue. Ils ont la force du cri. Lewis et ses musiciens ont su transmuter la violence en pure énergie. Leur musique oscille de la saturation des guitares électriques au calme de quelques notes apaisantes. Il y a là une énergie qui donne une poussée à la danse et permet de faire remonter des profondeurs sombres l’élément vital qui permet à l’être de guérir la guerre en lui. C’est l’espace qui s’ouvre, l’espace qui ouvre. »
Ingeborg Liptay

Par des corps vides ou saturés, cherchant en écho les uns des autres cette pure énergie, nous choisissons d’ouvrir l’espace avec cette grande dame et garder ainsi vivant ce rendez-vous avec l’histoire de la danse.

Claire Cauquil, Olivier Nevejans

 

EXTRAIT DE TRAVAIL / 2017

 

 

(production en cours…)

« Ingeborg Liptay bouge comme une étoile dans la nuit. La scène est sombre, des éclairs de couleur zèbrent le mur du fond de la Chapelle des Pénitents Blancs. Sa danse se déroule s’enroule au sol pour mieux souligner l’instant où elle se déplie, se déploie… Une grande dame dans le silence de sa gloire ».
Dominique Frétard. Le Monde, 21-22 juillet 1996.

« Lignes brisées ou spirales, tout est net, clair, enthousiasmant… Ingeborg Liptay est une grande dame, une artiste qui n’a pas cherché le succès au prix de compromission. ”
Bernadette Bonis, Danser.

« Il faut accepter une formule devenue inhabituelle en particulier dans son respect rigoureux de la musique, qui traite de l’album Break the Cycle de STAIND avec la même déférence que pour du Chostakovitch. Mais la dame est ainsi, représentante d’une époque chorégraphique qui signe cette révérence extrême pour tout ce qui est humain. Il y a pire tare… Celle-ci conduisit donc Ingeborg Liptay à écouter d’une façon intense cette longue plainte contre la drogue… Pas de prêche, pas de discours, du mouvement d’une pureté parfaite parce qu’il n’est pas nécessaire sur ces sujets-là d’en rajouter dans le pathos, il suffit de danser juste… »
Philippe Vérrièle, dans le cadre de l’Été des Hivernales, 2005